La journée a passé, le temps s’est écoulé. Heure après heure, le soir est arrivé. Il ne reste plus beaucoup de temps avant le couchant. C’est donc le moment ultime pour penser tout ce qui doit être pensé, pour dire tout ce qui doit être dit…. Il faut boucler sa journée comme on boucle sa valise, prêt à partir pour le grand voyage. Encore un peu de temps et le jour s'en ira .... C'est l'heure bleue. Le mouvement du monde se calme, le soleil se cache. Je partirai avec le couchant.

vendredi 9 mars 2012

ou le destin de la femme ?

DIEU être éternel, saint et parfait, ne fait rien dans le temps qu’en vue de l’éternité, ne fait rien dans l’ordre de la nature qu’Il ne coordonne à l’ordre de la grâce, ne fait rien pour l’homme que pour Se glorifier Lui-même dans l’homme et par l’homme, en l’attirant à Lui, en le comblant de Son amour, et en partageant avec lui Sa propre félicité.
Ainsi, lorsque allant former la femme à l’origine du monde Dieu dit : Il n’est pas bien que l’homme soit seul, faisons lui un aide qui lui ressemble. Par cette grande parole, dont Il voulut faire une loi de l’ordre social, Il établit la femme comme l’AIDE DE L’HOMME, non seulement pour tout ce qui se rapporte à ses besoins matériels, mais aussi, et avant tout, pour tout ce qui se rapporte à ses besoins spirituels.
C’est donc un devoir pour la femme de prendre soin de l’âme de l’homme, de l’édifier par ses exemples, de l’améliorer par ses saintes inspirations, de le sanctifier par ses vertus. Et aider l’homme à faire son salut, c’est la fin principale de la femme, sa mission, son ministère, sa gloire, sa grandeur et sa dignité. Ainsi, la femme a dans les desseins de Dieu  une délégation, je dirais presque une consécration religieuse. C’est en quelque sorte, le prêtre de la famille, comme l’homme en est le roi.
Mais remarquons aussi que les mots : «Il n’est pas bien que l’HOMME soit seul» ont évidemment un sens général, indéterminé, absolu, et que dès lors les mots : «Faisons-lui un aide qui lui ressemble» ont le même sens et qu’ils signifient que Dieu a constitué la femme comme l’aide de l’homme dans tous les états, dans toutes les conditions où il peut se trouver.
C’est-à-dire que la femme n’est pas seulement l’aide de l’homme à l’état domestique, mais aussi l’aide de l’homme à l’état politique et à l’état religieux, pas seulement l’aide de l’Homme-Époux, mais aussi l’aide de l’Homme-Roi et de l’Homme-Prêtre. En un mot, qu’indépendamment de sa mission dans la famille, la femme a aussi à exercer une mission dans l’État et même dans l’Église.
Depuis que les idées et les principes païens ont fait irruption dans les contrées chrétiennes, on a cherché à paralyser toute action, à effacer toute influence de la femme catholique dans l’Église et dans l’État, aussi bien que dans la famille, et à isoler l’Homme-Prêtre et l’Homme-Roi, aussi bien que l’Homme-Époux et l’Homme-Père, de l’aide mystérieux et puissant que Dieu lui avait donné.
Il n’était pas facile de tromper l’Homme-Prêtre et de lui inspirer une injuste défiance du dévouement de la femme catholique à la cause de l’Église ; on a donc cherché à tromper la femme catholique elle-même et à lui inspirer une défiance encore plus injuste du zèle de l’Homme-Prêtre.
Quant à l’Homme-Roi : «Prenez garde, lui a-t-on dit, que la femme catholique ne se mêle des affaires publiques. Il existe une espèce d’affinité toute particulière, une espèce de parenté spirituelle entre la femme catholique et le prêtre. Le jour où la femme catholique mettra le pied dans le cabinet, le prêtre y entrera aussi avec elle ; ils régneront à votre place, et vous ne serez plus que leur jouet».
Et l’on a exclu de toute participation aux affaires de l’État la femme catholique, autant par haine envers le prêtre que par la mésestime de la femme elle-même que le paganisme, dominant dans la politique, a glissées dans tous les esprits.
C’est que, sous prétexte de vouloir émanciper l’État du joug de l’Église, on a voulu chasser le principe chrétien de l’État, et le remplacer par le principe païen. C’est qu’on a voulu faire de la religion avec la mythologie, de la politique avec l’histoire grecque et romaine, et des lois avec Machiavel. Et comme le principe chrétien dans l’État n’était représenté que par le prêtre et n’était soutenu que par la femme, on a intimé brusquement au prêtre de se retirer dans la sacristie et l’on a enfermé la femme au salon et au boudoir, tout en lui faisant de grandes révérences, sauf à lui permettre d’en sortir pour aller au bal et à l’Opéra.
Par un reste de pudeur, on a fait semblant de vouloir encore de la femme et du prêtre ; on a cajolé l’une, mais pour la corrompre ; on a payé l’autre, mais pour l’asservir ; et, débarrassé de tout ce qui pouvait lui rappeler Dieu, ou l’amener à Dieu, l’homme se dit heureux de pouvoir régner et gouverner sans Dieu.
Nous n’avons pas besoin de dire ce qu’a été ce règne et ce gouvernement de l’homme par l’homme. L’Europe, et la France en particulier, ne le savent que trop. Philosophes du doute et de la matière, hommes d’État de l’intérêt et de la ruse, Dieu vous a mis à l’épreuve ; Il vous a laissé faire pendant un long temps. Qu’avez-vous su faire ? RIEN, RIEN, RIEN…
Je me trompe : vous avez su tout démolir et créer le chaos.
Pendant toutes ces années, vous n’avez fait que bavarder sans parler, raisonner sans conclure, travailler sans bâtir. Semblables à l’insecte qui ternit, qui dessèche tout ce qu’il touche, vous avez défiguré tout ce sur quoi vous avez mis la main ; vous avez même discrédité tout ce que vous avez nommé. Vous avez voulu faire des constitutions, et aucune d’elles n’a survécu à leurs auteurs ; vous avez voulu faire de la liberté, et elle a disparu ; de l’économie publique, et jamais les peuples n’avaient été plus accablés d’impôts ; du gouvernement parlementaire, et vous l’avez rendu impopulaire et fait tomber dans la boue.
Quant aux améliorations incontestables que la société a obtenues, dans ces derniers temps, vous avez tort de vous en faire honneur et de vous en enorgueillir. Elles ne sont que le développement nécessaire du principe chrétien que vous n’avez pu entièrement détruire. Elles ont été conquises sans vous, et même malgré vous. Seulement, dès que vous avez voulu vous en mêler, il a fallu les acheter par des torrents de larmes et de sang. Votre vrai partage n’est que l’impuissance, votre vraie habileté n’est que pour la destruction. Applaudissez-vous donc de vous être affranchis de toute influence du prêtre et de la femme chrétienne, c’est-à-dire de toute influence de la religion et de Dieu.
Enfin on a dit à l’Homme-Époux et à l’Homme-Père : «La femme n’existe que pour amuser l’homme, pour lui préparer le potage et lui donner des enfants. Les affaires de la famille, et l’éducation de ces mêmes enfants ne la regardent pas ; tout cela est du ressort de l’homme seul, et la femme n’a dans tout cela rien à faire, rien à voir».
L’Homme-Époux et l’Homme-Père a goûté ce langage insidieux, si flatteur pour son orgueil ; il s’est retranché dans l’absolutisme du pouvoir domestique ; a refusé de partager le fardeau de son commandement avec son aide, le compagnon obligé de toutes ses joies et de toutes ses douleurs ; il a voulu régner seul dans la famille ; et les affaires domestiques d’être ruinées, comme les affaires publiques, et l’anarchie d’envahir la famille, comme elle a envahi l’État.
Par ces procédés, non seulement on est parvenu à priver l’homme des secours précieux qu’il trouve toujours dans la piété, dans le bon sens, dans le dévouement de la femme, on est aussi parvenu à ravaler la femme elle-même et à la faire descendre au dernier degré de l’échelle sociale.
Et on a vu, même dans nos contrées, la femme redevenir ce qu’elle a toujours été, ce qu’elle est encore maintenant chez tous les peuples païens, sans exception, un ignoble instrument de plaisir, une chose, et retomber dans cet abîme de dégradation et d’esclavage d’où le christianisme l’avait tirée.
Cependant, elle n’en est pas moins, même dans les pays catholiques, un être chassé de sa place, déchu de son trône, dépossédé de ses droits, un être n’ayant de liberté que pour le mal, un être relégué par l’orgueil stupide de l’homme dans le monde des plaisirs et des frivolités et à l’exception près qu’elle y est parée de tous les raffinements de la vanité et du luxe dont on la laisse jouir, elle y est esclave, autant qu’elle peut l’être.
Le divorce, qui n’est qu’une pensée, une institution païenne, au préjudice de la vraie liberté de la femme, là même où il n’existe pas de droit, existe de fait. On ne chasse pas toujours sa femme de la maison mais on ne l’en répudie pas moins pour en prendre une autre, à qui l’on donne impudemment son nom et sa livrée.
Il est impossible de se faire idée de ce qu’une femme doit souffrir d’humiliations et de douleurs pour prévenir une situation pareille ou pour la subir. C’est plus que l’esclavage, c’est ce martyre de l’âme dont parle saint Ambroise, et qui pour s’accomplir tous les jours sans bruit et sans éclat, dans le secret des murs domestiques, n’en est pas moins un martyre, souvent bien plus affreux et plus déchirant que celui du corps. Voilà les bienfaits que vous devez au protestantisme et à la philosophie !…
A force de la tromper sur la fin de son existence et de lui laisser ignorer la grandeur de sa mission et la noblesse de sa destinée, on a réussi à l’abaisser, à la dégrader à ses propres yeux, et par là à la pousser au désordre. Car si, fort souvent, elle se livre au désordre parce qu’elle s’estime trop, bien plus souvent encore, elle ne s’y livre que parce qu’elle ne s’estime pas assez, ne se respecte pas assez, mais au contraire parce qu’elle se méprise elle-même, désespère d’elle-même, au point de vue religieux et social.
Il ne faut donc pas, aujourd’hui, relever seulement la femme aux yeux de l’homme, il faut la relever aussi à ses propres yeux ; il faut lui faire sentir sa grandeur et son importance ; il faut lui rappeler ce qu’elle est vraiment dans l’ordre providentiel ; il faut lui faire connaître, autant que possible, l’immense portée de l’ineffable parole par laquelle Dieu, son Créateur et son Maître, l’a établie L’AIDE DE L’HOMME, lui ressemblant par la communication du même esprit aussi bien que par l’identité de la même nature ; afin de l’empêcher de se dégrader elle-même, afin qu’elle soit ce qu’elle doit être pour le bonheur de l’homme et de la société.
Nous démontrons d’abord la nécessité où l’on est, particulièrement aujourd’hui, de s’occuper d’une manière sérieuse de l’éducation de la femme au point de vue de la religion, et d’implanter solidement le catholicisme dans son esprit et dans son cœur, afin que, dans la catastrophe religieuse qui se prépare, et qui pourra tout bouleverser, la femme puisse conserver le catholicisme en Europe, comme elle l’avait conservé en France.
De la condition de la femme aux différentes époques et dans les différents pays du monde  nous lui mettons sous les yeux, d’un côté, l’affreux et déchirant tableau de son humiliation et de sa servitude sous l’empire du paganisme, du mahométisme, de l’hérésie et du schisme et de l’autre côté, le tableau délicieux et consolant de sa dignité et de son indépendance au sein du catholicisme.
Exposons les inconvénients du divorce et les avantages de l’institution évangélique de l’indissolubilité du mariage, au point de vue philosophique, théologique et social, et toujours dans l’intérêt de la vraie grandeur et de la vraie liberté de la femme.
Partager certaines théories en faveur du mariage à bail, qui, même aujourd’hui, s’élaborent dans les plus bas fonds de la société, ce serait, de la part de la femme même, de la stupidité autant que de l’impiété, car ce serait conspirer contre elle-même et souscrire à l’ignoble et inique traité de sa dégradation, de sa servitude, de ses peines et de son désespoir.
Ce que la femme catholique a été capable de faire dans le passé peut bien faire présumer ce qu’elle est encore capable de faire dans un prochain avenir, et donner à espérer que, dans le grand renouvellement catholique qui se prépare, la femme catholique jouera encore dignement le rôle grandiose et important que la Providence lui a réservé.
Lien vers http://lafemmecatholique.wordpress.com/le-manifeste-de-la-femme-catholique/

Aucun commentaire: